Catégorie : Philosophie

Apprendre à coopérer : quelles différences entre coopération et collaboration ?

Souvent, quand un projet démarre, l’enthousiasme est important et les membres de l’équipe engagée sont motivés et volontaires. Tout le monde est prêt à coopérer, à travailler ensemble, à faire de son mieux. Mais parfois, des obstacles pointent et le projet est freiné voir s’arrête. Quand on interroge les participants, on est étonné par le fait qu’il est difficile de pointer une raison à cet échec.

Définir, le premier travail de groupe

Peut-être que la coopération n’était pas envisagée par tout le monde de la même façon. Chacun possède sa propre représentation de ce que doit être une coopération réussie. Je suggère aux équipes qui veulent s’engager dans un projet collaboratif de commencer par définir les mots qu’elles vont employer dans leur travail en commun.

Définir est essentiel pour lever les malentendus, les incompréhensions et commencer la coopération par une co-construction des valeurs qui seront partagées. C’est ce que je propose ici sur mon blog Bisogna Morire avec justement les deux mots-clés de mes interventions : collaborer et coopérer.

Jardin Zen – Conférence des Rencontres de Sophie de Nantes

En février dernier, j’ai eu l’honneur de participer aux Rencontres de Sophie. Ce sont les Folles journées de la philosophie, organisée par l’association Philosophia, à Nantes, au Lieu Unique.

Les Rencontres de Sophie à Nantes

Tous les ans, un thème d’actualité est choisi, des débats, des tables rondes et des conférences sont organisées. Les invités sont des philosophes, des penseurs qui permettent au public de prendre du recul sur ces questions qui concernent toute la société. C’est une philosophie dans la Cité, une philosophie pratique à destination de chacun, car tout le monde peut philosopher. Cette année le thème retenu était « Habiter la Nature ».

En parallèle des tables rondes, un ABCédaire est organisé. Sur le modèle de celui filmé par Pierre-André Boutang pour Gilles Deleuze, des professeurs de philosophie proposent de disserter autour d’un mot en lien avec le thème de l’année. Ainsi, j’ai proposé une analyse du Jardin Zen.

J comme Jardin Zen

Dans la culture japonaise, le bouddhisme zen a une place et une influence prépondérantes. La recherche du satori, l’éveil, n’est pas présente que dans le za-zen, la méditation assise. Toutes les activités de la vie quotidienne peuvent être des moyens et des moments d’exercices de méditation et de conscience présente et attentive. Ainsi, la cérémonie du thé, l’ikebana (l’art floral traditionnel) ou la calligraphie ne sont pas uniquement des gestes esthétiques et minimalistes mais bien de vrais exercices spirituels. C’est dans ce contexte religieux, artistique et artificiel qu’il faut penser l’essence des jardins japonais.

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Pourquoi faire entrer la philosophie dans les entreprises ?

« À quoi sert la philosophie ? »

Cette phrase, ou plutôt cette question, je l’ai entendue de nombreuses fois, et pas seulement dans la bouche néophyte des élèves de terminale que j’ai croisés dans mon parcours d’enseignante. En fait, ce problème, celui de des avantages et de l’utilité du savoir, tous les professeurs l’entendent à un moment donné. À quoi servent les mathématiques ? L’Histoire-géographie ? Le sport ? Il n’y a peut-être que le Français ou l’Anglais qui échappent à cette injonction utilitariste, car des langues, nous en avons toujours besoin, nous autres mortels et êtres de communication. Il y a belle lurette que le concept d’apprendre pour le plaisir d’apprendre n’existe plus dans les écoles de France. Ce plaisir compte peut-être pour une minorité d’élèves, et il revient sans doute à l’âge adulte voire à l’âge de la retraite. Bien malheureux les individus qui ont toujours trouvé de la joie à lire, à se documenter, à regarder des reportages à la télévision par simple curiosité pour des sujets nouveaux ou qui nous passionnent. L’école et l’université sont devenues des pourvoyeuses de diplômes dont l’unique utilité est de nous permettre de 1° trouver une place sociale et une reconnaissance et 2° gagner de l’argent pour survivre. La culture en tant que tel, le savoir pour le savoir, comme « l’art pour l’art » de Théophile Gautier, n’est pas un principe émancipateur dans notre économie de la connaissance. Pourtant, on pourrait, comme Gautier dans la préface de Mademoiselle de Maupin en 1834, déclarer que « Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est utile est laid. », et affirmer que le savoir comme l’art doit rester dans les limbes d’une pureté éthérée, échappant à toute manipulation technique.

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Philosophie Pratique

Comprendre le monde tel qu’il devient

Les individus comme les organisations sont aujourd’hui mis en défi de s’adapter rapidement à des changements sociétaux et environnementaux qui bouleversent nos repères traditionnels.

Mais par ailleurs, l’avenir n’a jamais été aussi incertain. Cette incertitude peut être source de peurs, mais aussi de curiosité et de créativité.

La survie des organisations, au seuil de ce renouvellement radical de modèle, est en partie liée à deux capacités : savoir conduire le changement et être agile. Mais cela génère de nouvelles problématiques, au niveau de l’organisation et aussi des individus qui constituent le collectif.

Les outils « classiques » de management ne suffisent plus à répondre aux défis car les repères évoluent et les dirigeants sont de plus en plus confrontés à de l’inattendu, de l’inconnu.

L’une des solutions à cette situation n’est pas de chercher une nouvelle recette pour accompagner le changement, ni d’inventer un nouvel outil révolutionnaire pour transformer le travail des équipes. Il s’agit plutôt de prendre du temps pour prendre du recul sur le quotidien de l’organisation. De rassembler ce qui est épars, ce qui ne fait plus sens, pour retrouver des liens entre les différents champs de l’action tant individuelle que collective. Ce qui permettra de choisir les orientations les plus appropriées pour s’engager plus sereinement.

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